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Bourgeons sous la neige

Bourgeons sous la neige

“Humanisme irréel” — Poésie concise d'origine Japonaise, genre “haïku”

Publié le par Francis Tugayé
Publié dans : #HUMANITÉS, #HAÏKU (ESSAIS)

         
       
      
AVERTISSEMENT
Un texte assez long et sensible où sont évitées
toutes les principales et délicates raisons d'un mal-être.
Sachez cependant que j'ai appris à bien mieux relativiser.

 

Passagers du vent, vous pouvez glisser vos mots ou silences.
Le cas échéant, n'ayez pas la moindre crainte. Au contraire !
 

 

Quelques « menus détails » amenés au goût du jour.

    
En soi, ce n'est pas un « haïbun » (prose entrecoupée de haïkus)
mais plutôt un déploiement à la Prévert du parcours d'une vie.

   

 

montre à gousset © ೋ Il domani ha i tuoi occhiೋ

montre à gousset © ೋ Il domani ha i tuoi occhiೋ
           

 

Comment me souvenir de mes 15 ans ?
Mon adolescence avait éclaté en mille morceaux,
j'avais si peur de tout que je ne savais plus où aller.

       
Comment me souvenir de mes 20 ans ?
Quelque chose en moi n'allait pas, je le pressentais.

      
Pourtant tout autour de moi cela bougeait.
Mon regard continuait à fuir les choses et les êtres,
je n'avais aucun repère où me raccrocher.

      
Aucun. 

      
Comment me souvenir de mes 25 ans ?
Ma fuite semblait éternelle. 

      
Je me souviens d'une petite anglaise.
Elle avait bien voulu venir écouter mes disques
qui déjà à l'époque sortaient de l'ordinaire. 

      
Pas la musique qu'écoutait la plupart de mes amis.
      
Non quelque chose de plus distant.
           
De beaucoup plus distant.
      
Pourquoi les avais-je choisis ?
Je ne le savais pas.
          
La petite anglaise a écouté gentiment.
Sans doute attendait-elle quelque chose.
Mais ce quelque chose n'est pas venu.
         
Elle a juste esquissé un sourire
et elle est repartie comme elle était venue.
       
¤
      
La femme s'éloigne
ses pas crissant dans la neige.
Coulée de printemps.

        
¤

        
Comment me souvenir de mes trente ans ?
Ma fuite n'en finissait pas.
        
Je voyais les fleurs mais ne les sentais pas.
Je voyais un petit oiseau
mais je ne le scrutais que du coin de l'œil.
        
Alors tout le reste...
      
¤
      
Haut perron en fleurs.
Sa jupe fourreau suivie
d’un foulard de soie.

       
¤
      
Je n'ai pas osé la rattraper...
      
Je m'inventais des rêves à peine frôlés.
        
¤
        
Minuit sous la lune.
Une courbe éclipse l’autre
au creux de la crique.

        
¤

      
Comment me souvenir de mes... quarante ans ?
J'avais un peu compris ce qui m'empêchait de vivre.
Mais je n'osais toujours pas.

       
Comment me souvenir de mes... cinquante ans ?
Oui, je vois encore ce gâteau aux fraises
accompagné de champagne rosé.
       
Les gens riaient autour de moi.
        
Je les écoutais sagement.

      
J'ai dépassé mes cinquante cinq ans,
en fait aujourd'hui j'en ai cinquante neuf plus un...
      
Autour de moi la vie continue...
                  
Je ressens toujours un poids énorme qui me retient.
Je ne veux pas être un poids pour les autres.
        
Sans doute ai-je tort ?
Sans doute ai-je eu tort ?
      
L'automne arrive à grand pas,
je continue à me bercer d'illusion...
              
¤
       
L’Instant de Guerlain,
appeau vaporeux – ma peau
d’automne opalin.

               
¤
      
En sous-bois, les feuilles
et mes pensées virevoltent.
Sentier détrempé.

        
¤
        
Je préfère me raccrocher à la vie des autres
moi qui n'ait toujours pas eu de vraie vie.
Une vie de mouche...
       
¤
         
Un rai de soleil
sur le rebord de la vasque
– la mouche irisée.

        
¤
            
À quoi cela me servirait-il de me lamenter ?
La vie est passée sous mes yeux
comme entre deux étroites parenthèses.
       
Comment renverser le temps
et retrouver mes vingt ans ?
              
Aujourd'hui, j'ai appris à vivre au présent.
Cela fait pas mal de temps que je relativise.
Et on ne réécrit jamais son histoire.
       
¤
       
Biche entraperçue.
Autour du fourré retombent
les cristaux de neige.

        
¤
      
Je pense à une très intuitive amie platonique.
Elle avait entraperçu certaines choses sensibles.
          
Certaines choses au travers de mes haïkus.
Elle avait perçu un énorme silence...
        
Nous avons échangé en privé de belles choses.
         
J'espère qu'au fond d'elle-même
son immense nostalgie ne la freine pas trop.
       
J'espère qu'elle parvient
à replonger dans quelques rêves doux.
         
Il ne faut jamais effacer le passé.
Sinon il revient toujours sans prévenir.
Sachez que je ne regarde pas trop en arrière.
      
¤
      
Cendres à Beyrouth.
Si blême, la lune emblème
du chant de Fayrouz.

         
¤
        
Comme le phénix qui renaît de ses cendres...
je vois renaître l'espoir dans quelques yeux embués.
       
Si personne ne croît aux choses d'ici-bas,
sur notre bonne vieille terre, rien ne changera.
       
Même si des gens sont dans le désespoir,
il faut s'efforcer de croire à un monde meilleur.
         
¤
        
Afghane en burqa.
Ses yeux à travers la treille
voient un ciel d'azur.

          
¤

 

 

Francis Tugayé
Tarbes, le 12/02/2012

(mise à jour des haïkus le 29/01/2012)
                 

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Publié le par Francis Tugayé
Publié dans : #HAÏKU (ESSAIS)

 

 

~Streetbrush~ Noël en vitrine

 

 

~Streetbrush~ Croix sous la neige

 

 

~Streetbrush~ Crèche en papier kraft

 

 

~Streetbrush~ Au petit matin

 

 

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Publié le par Francis Tugayé
Publié dans : #HAÏGAS & HAÏSHAS

 

 

Atteignez l'image élargie / Reach enlarged picture « Grésil sur le lac (haïga) »

 

Graziella Dupuy (washing) & Francis Tugayé (haiku) © January 2011
             

¤ ¤ ¤

 

Grésil sur le lac.
Du cygne au fond de la brume
l’ultime sillage...

 

Fine hail on the lake.
Of the swan fade in the fog
the ultimate wake...


FT 21/09/2011
v1 30/12/2003


¤ ¤ ¤ 

 

Atteignez la séquence « Blancheurs hivernales... »

Atteignez la calligraphie / Reach the calligraphy
of this bilingual haiku
« Grésil sur le lac (haïku) »

 

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Publié le par Francis Tugayé
Publié dans : #ENCRES & LAVIS

 

 

Grande vague & oiseaux 1200

Atteignez l'image élargie / Reach enlarged picture “Kaijo no Fuji” by Hokusai

 

 

“Kaijo no Fuji”, une estampe de Hokusaï publiée dans « Les Cent Vues du Mont Fuji ». Un accolement     de deux pages de l'édition originale (1840) reproduite à l'identique aux Éditions Hazan, Paris, © 2008.
Quelques années après le bleu de Prusse, Hokusaï emploie cette fois-ci des gradations de noirs et de grisés et pose ici ou là de légères touches rosées. Une grande force se dégage alors de ses estampes.



"Kaijo no Fuji", a Hokusai's print published in "The Hundred Views of Mount Fuji". A through incorporation of two pages of the original edition (1840) reproduced in identical by Éditions Hazan, Paris, © 2008.
A few years after the Prussian blue, Hokusai employs this time a gradations of black and gray and put down here or there slight pink nuances. A great strength emerges then of his prints.



 

¤ ¤ ¤
 


Une grande vague
s'enroule au vent – jet d'écume
sur un vol d'oiseaux.


A great wave
rolls up the wind – jet of froth
on a flight of birds.

 


FT 21/06/2008
Tr. 01/08/2015



¤ ¤ ¤

 


Atteignez la calligraphie / Reach the calligraphy
of this bilingual haiku
« Une grande vague »

 

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BOUILLE PÂLICHONNE

 

 
Francis Tugayé
Tarbes, Hautes Pyrénées


 poète (genre “haïku”), atelier d'écriture,

arts plastiques (éclectisme),
cinéma (fan de), musique (Jazz & World),

jeux stratégiques (Echecs & Go)
 

DESSEIN

En quête permanente
d'un équilibre extrêmement délicat

entre l'essence originelle du haïku
et... ce que nous sommes

 


Le haïku, l'art de suggérer

L'instant fugitif, la retenue,

le non-dit, l'implicite

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